| Tribune Libre |
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| Écrit par Paul-Roger GONTARD |
| Mercredi, 03 Mars 2010 00:00 |
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Depuis quelques semaines Avignon est au cœur de plusieurs manifestations ou affirmations religieuses faisant courir de nouveaux risques pour la cohésion sociale de notre cité et pour celle de notre société. La dernière en date est le fait du porte-parole de l’évêque du diocèse, le vicaire, dans les colonnes du journal régional la Provence. Interrogé sur la tourmente qui agite son institution, le vicaire revient sur la controverse entourant l’installation de plusieurs communautés catholiques étrangères dans l’ancienne capitale des Papes, et cite pour exemple le cas de la communauté d’origine brésilienne Shalom. La charge officielle confiée par l’évêque à cette communauté est d’ « évangéliser » les quartiers d’Avignon, et particulièrement ceux de la Rocade et de Monclar ; le quartier Monclar qui est par ailleurs qualifié de « quartier musulman » par le représentant de l’église. L’interview rappelle aussi que les membres de cette communauté Shalom ont ouvert un Snack devant un lycée de la ville pour se faire de la publicité. Deux approches qui ne manqueront pas d’exacerber les identités et les communautarismes de tout poil. Rappelons ici à monsieur le Vicaire pour faire suite à son discours, qu’il n’existe plus ni dans notre République, ni dans notre cité, de quartier-ghetto assimilable à une religion. Le temps médiéval où juifs, musulmans, protestants et catholiques vivaient entre eux et ne se mélangeaient que pour faire des affaires, ce temps là est depuis la Révolution révolu. Il n’y a pas aujourd’hui en Avignon de quartier où mener une croisade, puisqu’il n’y a plus en France de territoire à rendre à la foi Chrétienne. Ne cherchez donc pas à propager votre foi, si certains y sont intéressés, ils sauront trouver le chemin d’un clocher. L’Histoire nous a prouvé que la qualité de la cohésion sociale française dépendait de la discrétion de l’église, ou plutôt DES églises, quelles que soient leurs croyances. Un enseignement que le vicaire a eu tendance à oublier dans son propos. Et cet oubli n’est pas de son seul fait. En effet, ces dernières déclarations évangélistes s’inscrivent dans une accumulation qui anime depuis quelque temps l’actualité avignonnaise. Deux autres exemples d’affirmation et de prosélytisme religieux ont aussi récemment rempli les colonnes des médias locaux et nationaux. - Madame DRIDER et son niqab, qui est parue sur de nombreux plateaux de télévision pour revendiquer son « droit » à le porter, est une avignonnaise dont l’absence de visage et la pratique religieuse sont aujourd’hui célèbres. - Mademoiselle MOUSAID, jeune étudiante et militante associative avignonnaise, qui revendique sa foi en portant un voile islamique sur les cheveux tout en se présentant sur les listes du NPA aux élections régionales. Un étonnant exemple de paradoxe politico-religieux affirmé. J’attends avec impatience, mais aussi inquiétude, la réaction des croyants protestants, juifs ou encore bouddhistes, témoins de Jéhova, ou adeptes satanistes, disciples du Christ de Montfavet ou prophètes d’une nouvelle religion qui, à leur tour, proclameront à la face du monde leur foi et réclameront leur part du marché avignonnais de la croyance. Croyants, doutez-vous tellement de votre foi que vous avez besoin pour vous rassurer que tous la voient et croient comme vous ? La nature des religions est de brandir une vérité intangible. Une vérité indiscutable qui n’accepte que difficilement d’être remise en cause (Galilée, Darwin, et les autres peuvent en témoigner !). Dès lors, dans une société démocratique où la décision qui s’impose à tous émerge d’un débat, la nature même des religions ne leur permet pas d’accéder au consensus. Exposer son appartenance à une religion revient donc à truquer le débat démocratique. C’est pourquoi, le choix de la République Française a été depuis 1905 de reléguer la question religieuse à la sphère privée. En outre, l’expérience des guerres de religions et des pogroms qui ont fait couler tant de sang à travers le siècle et sur notre sol doit, encore aujourd’hui, nous tenir lieu de leçon. Si, à l’avenir, les affirmations dogmatiques venaient à prendre de l’ampleur, le choc des croyances aurait pour conséquence de faire renaître les vieilles guerres d’hier, et de délier peu à peu le fil qui nous unit tous au tissu social français. C’est pourquoi il est urgent de réagir et de rappeler la discrétion nécessaire des expressions religieuses dans l’espace public. Nous devons demander aux croyants de toutes les religions et de toutes les fois, de cesser d’être hypocrite en demandant à la République de leur permettre de se battre pour gagner des fidèles en affichant publiquement leur foi, pour l’instant d’après se plaindre et réclamer la protection de l’Etat parce qu’un autre croyant aura voulu les ranger à sa religion. Rappelons ici que la République garantie la liberté des cultes, non le droit au prosélytisme et à l’expansion religieuse. Alors, puisque la croyance est un choix individuel par nature irrationnel, ne cherchez pas à l’affirmer, il ne pourra être compris. Puisque la foi est une affaire privée ne cherchez pas à la propager ou elle sera combattue par ceux qui ne la partagent pas. Paul-Roger GONTARD [1] Retrouvez l’article complet en suivant ce lien : http://www.laprovence.com/article/avignon/diocese-davignon-le-vicaire-general-se-fait-lavocat-de-cattenoz |





La cité des Papes observe sans mot dire le retour des croisades
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