| L'édito du Lundi |
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| Écrit par Jamil ZERIBI |
| Lundi, 08 Mars 2010 22:08 |
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Ces dernières années, la violence dans le football professionnel et amateur n’a cessé de croître dangereusement. En ligue 1, certains supporters font régulièrement la une de la presse pour leurs implications dans des bagarres ou des saccages de lieux publics. Récemment, c’est à Paris que des supporters parisiens se sont affrontés et bizarrement, les autorités politiques et sportives de notre pays semblent incapables de juguler ce phénomène, qui pourtant, dure depuis de nombreuses années déjà. A l’échelle locale, le football amateur n’est pas en reste et l’on constate une montée en puissance de la violence sur et en dehors du rectangle vert. La saison dernière à Entraiques, un homme a reçu une balle à la fin d’un match de PHB et cette année, deux arbitres ont été publiquement agressés tandis qu’une rencontre entre deux clubs Avignonnais n’a pu se tenir car les conditions de sécurité n’étaient pas garanties. Face à ce constat, deux positionnements sont aujourd’hui constatés. Le premier, soutenu par les autorités du monde sportif, consiste à minimiser ces violences en affirmant qu’elles ne sont que les conséquences du malaise de notre société. Une posture ultra fataliste qui, au passage, clôture le débat sur les possibles responsabilités, inerties ou incompétences des acteurs du monde sportif et politique. La deuxième posture, défendue par bon nombre de dirigeants du football amateur est plutôt contestataire et fourre-tout. Elle se nourrit presque exclusivement de dénonciations généralisées de l’action, ou de l’inaction en l’occurrence, de la puissance publique. Pour avoir été joueur de football pendant 30 ans, dirigeant de club pendant 6 ans puis désormais observateur de l’évolution du football amateur, je me permets de vous donner mon point de vue ainsi que deux propositions concrètes sur ce sujet. 1) Il faut rapidement clarifier et assumer la gouvernance du mouvement sportif A ce jour, l’état par l’intermédiaire du Ministère de la Jeunesse et des Sports dans notre département n’assume pas son autorité politique sur le mouvement sportif. Les réponses à la violence ne peuvent se résoudre avec la création d’une simple commission d’évaluation des matchs à risques. L’état dans notre département doit réellement piloter les politiques publiques de luttes contre la violence dans le football amateur. Pour cela, une commission diligentée par Jeunesse et Sports et le Préfet, réunissant toutes les collectivités locales, le district Rhône Durance et le Comité Olympique et Sportif mais aussi les représentants de la Police et de la Justice doit se tenir afin d’apporter des réponses concrètes en matière de prévention et de répression. Il est illusoire de penser que seuls les dirigeants du district Rhône Durance parviendront à régler ce fléau avec de simples sanctions sportives. 2) Il est urgent d'intégrer certains clubs de football dans le périmètre de la politique de la ville Tous les dirigeants et éducateurs font le même constat qu’ils habitent en zone urbaine ou rurale. Face à la jeunesse en général, l’autorité des adultes est trop souvent remise en question voire bafouée. Il est de plus en plus difficile de faire respecter les règles et les valeurs du sport. Les parents ne jouent plus leur rôle, les éducateurs se sentent isolés, les moyens humains et financiers sont déficients devant l’ampleur de la tâche et les soutiens politiques sont peu nombreux. Alors que le football est un sport populaire qui rassemble les masses, c’est ici qu’il faut mettre le paquet. Je pense que la prévention de la violence et la promotion de la citoyenneté passent par la mise à disposition de réels moyens humains. Pour cela, il est urgent et nécessaire d’intégrer certains clubs dans le périmètre de la politique de la ville afin que ces derniers soient suivis politiquement, aidés financièrement et accompagnés sur le plan méthodologique. Comment demander à quelques dirigeants bénévoles isolés de faire la police non seulement sur le terrain auprès de leurs joueurs mais aussi dans les tribunes de leur stade ? Construire une réelle politique de prévention et d’éducation au sein des clubs de football, là est le véritable enjeu. Si la gouvernance sportive est clarifiée et assumée avec volontarisme, si des moyens humains et financiers sont alloués aux clubs, alors la violence sera endiguée et les passionnés de football pourront revenir dans les stades le dimanche avec leurs enfants, ce qui sera mon cas soyez-en sûr. Pour l’instant le dimanche je préfère aller prendre l’air, à la campagne… |
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